En bref
- Les jardins des simples regroupent des plantes médicinales, aromatiques et condimentaires dans un espace structuré
- La tradition monastique du Moyen Âge inspire encore aujourd’hui l’organisation géométrique de ces jardins
- L’aménagement nécessite de tenir compte de l’exposition, du sol et des besoins spécifiques de chaque plante
- Ces jardins allient utilité thérapeutique, plaisir esthétique et biodiversité au jardin
Les origines historiques du jardin des simples
Le terme « simples » provient du latin simplicis herbae, désignant les plantes médicinales utilisées seules, par opposition aux préparations complexes. Au Moyen Âge, les monastères européens développent ces jardins appelés herbularius, situés près de l’infirmerie. Le Capitulaire de Villis, édit de Charlemagne vers 795, liste 94 plantes médicinales, aromatiques et tinctoriales à cultiver dans les domaines royaux.
Ces jardins médiévaux s’organisent selon un plan géométrique strict. Les jardins de curé reprennent cette tradition avec des allées en forme de croix, des plates-bandes carrées ou rectangulaires délimitées par des bordures de buis taillé ou du plessis. Au centre, une fontaine symbolise la résurrection, tandis que le buis représente l’immortalité.
Concevoir l’aménagement du jardin des simples
La création du jardin commence par le choix de l’emplacement et de la structure. Il est souhaitable de privilégier un espace ensoleillé, proche de la maison pour faciliter la récolte quotidienne. Le sol doit être bien drainé, particulièrement pour les plantes méditerranéennes comme la lavande, le romarin ou la sauge officinale.
Plusieurs styles s’offrent aux jardiniers. Le modèle traditionnel reproduit l’organisation monastique avec des carrés délimités par des bordures végétales. Les plantes aromatiques à planter peuvent également s’organiser en spirale, inspirée de la permaculture, ou selon un tracé plus naturel avec des courbes harmonieuses.
Organisation spatiale et bordures
Les plates-bandes traditionnelles mesurent entre 1,20 et 1,50 mètre de largeur pour permettre l’entretien depuis les allées. Les bordures peuvent être réalisées avec du buis, malgré les attaques de pyrale, ou remplacées par l’Ilex crenata, plus résistant. Le plessis, constitué de branches tressées, offre une alternative authentique et économique.
L’aménagement prévoit des allées de 60 centimètres minimum, recouvertes de gravier, de dalles ou simplement enherbées. Ces cheminements facilitent la circulation et structurent visuellement l’espace. Au centre du jardin, un élément décoratif comme un cadran solaire, un banc ou un bassin crée un point focal apaisant.
Sélectionner les plantes médicinales et aromatiques
Le choix des plantes s’effectue selon plusieurs critères : les besoins familiaux, les conditions de culture et la facilité d’entretien. Il est nécessaire de commencer par des plantes simples et reconnues pour leurs vertus thérapeutiques avérées.
Plantes méditerranéennes pour sol drainé
Ces végétaux apprécient le soleil et supportent la sécheresse. Les simples et plantes médicinales de cette catégorie comprennent :
- La sauge officinale pour les troubles digestifs et les règles difficiles
- Le romarin stimulant pour le foie et aromatisant pour les viandes
- Le thym contre les affections respiratoires et pour les bouquets garnis
- La lavande officinale contre les troubles du sommeil et pour parfumer
Plantes de mi-ombre et sol frais
Certaines plantes médicinales préfèrent la fraîcheur et tolèrent l’ombre partielle. La mélisse soulage les troubles nerveux et digestifs tout en assaisonnant les salades. La menthe facilite la digestion et parfume de nombreux plats. L’angélique officinale traite les troubles digestifs, tandis que la valériane possède des propriétés sédatives.
Ces plantes du jardin s’installent idéalement dans les zones moins ensoleillées ou près des points d’eau. Les plantes aromatiques à planter au printemps de cette catégorie s’établissent rapidement et demandent peu d’entretien.
Cultiver et entretenir les simples
La culture des plantes médicinales suit les principes du jardinage biologique. Il est souhaitable d’éviter tout traitement chimique pour préserver les propriétés thérapeutiques des végétaux. Le compost enrichit naturellement le sol, tandis que le paillage limite les arrosages et les désherbages.
Calendrier de plantation et récolte
La plantation s’échelonne selon les saisons. Les plantes vivaces comme la sauge, le romarin ou la lavande se plantent au printemps ou en automne. Les annuelles comme le basilic, l’aneth ou la coriandre se sèment directement en place dès les derniers risques de gelée.
La récolte des plantes médicinales s’effectue de préférence le matin, après la rosée. Les plantes médicinales se cueillent selon leur cycle : feuilles avant la floraison, fleurs en début d’épanouissement, graines à maturité.
Conservation et utilisation
Le séchage constitue la méthode de conservation la plus courante. Les plantes se suspendent en bouquets dans un local sec, aéré et à l’abri de la lumière. Une fois sèches, elles se conservent dans des bocaux hermétiques étiquetés avec la date de récolte.
L’utilisation des simples nécessite des connaissances précises. Il est nécessaire de se documenter sur les propriétés, les dosages et les contre-indications avant tout usage thérapeutique. Certaines plantes comme la rue officinale ou l’absinthe demandent des précautions particulières.
Associer esthétique et fonctionnalité
Le jardin des simples concilie beauté et utilité. Les plantes aromatiques offrent des feuillages variés, du vert argenté de la sauge au pourpre du basilic. Les floraisons échelonnées assurent un spectacle permanent : lavande en été, hysope en fin de saison, romarin dès le printemps.
L’association avec des légumes anciens enrichit la diversité du jardin. Panais, navets, carottes violettes et choux perpétuent la tradition potagère médiévale. Les arbres fruitiers nains ou en colonne complètent l’ensemble sans encombrer l’espace.
Créer un écosystème favorable
Les plantes aromatiques attirent naturellement les insectes pollinisateurs. Les fleurs de lavande, de thym et de sarriette nourrissent abeilles et papillons. Cette biodiversité protège le jardin des ravageurs tout en favorisant la pollinisation des légumes et fruitiers voisins.
Certaines plantes comme la tanaisie ou l’absinthe repoussent les nuisibles par leurs odeurs. Cette protection naturelle s’intègre harmonieusement dans l’aménagement tout en réduisant les interventions du jardinier.
FAQ
Quelle surface prévoir pour un jardin des simples ?
Un espace de 10 à 20 mètres carrés suffit pour cultiver une quinzaine de plantes médicinales différentes. Cette surface permet d’installer 4 à 6 carrés de culture avec les allées de circulation.
Peut-on créer un jardin des simples en pot ?
Les plantes aromatiques s’adaptent parfaitement à la culture en contenants. Choisir des pots d’au moins 30 centimètres de diamètre et prévoir un drainage efficace. Cette solution convient aux terrasses, balcons et petits espaces.
Quelles plantes choisir pour débuter ?
Commencer par des plantes rustiques et faciles : thym, romarin, sauge, menthe, mélisse et lavande. Ces végétaux supportent les erreurs de culture et offrent de multiples usages culinaires et thérapeutiques.
Comment éviter l’envahissement de certaines plantes ?
La menthe, la mélisse et l’estragon se propagent rapidement par leurs racines. Les cultiver dans des bacs enterrés ou des jardinières limite leur expansion. Diviser les touffes tous les 3 ans maintient leur vigueur.